Cauchemars et terreurs nocturnes chez l’enfant : comment les différencier ?
Votre enfant se réveille en pleurant après un mauvais rêve ? Ou il se met soudain à crier, parfois les yeux ouverts, mais semble ne pas vous reconnaître ?
Dans les deux cas, la scène peut être impressionnante. Pourtant, un cauchemar et une terreur nocturne sont deux phénomènes bien différents. Ils ne surviennent pas au même moment de la nuit et, surtout, l'enfant n'est pas dans le même état.
Voici comment les distinguer et adopter les bons réflexes lorsqu'ils surviennent.
Cauchemar ou terreur nocturne : les différences en un coup d'œil
| Cauchemar | Terreur nocturne | |
|---|---|---|
| Quand ? | Plutôt en seconde partie de nuit | Plutôt en début de nuit |
| L'enfant est-il réveillé ? | Oui | Non, même s'il peut en donner l'impression |
| Reconnaît-il ses parents ? | Oui | Il peut sembler ne pas les reconnaître |
| Peut-on le rassurer ? | Oui | Difficilement pendant l'épisode |
| S'en souvient-il le lendemain ? | Souvent oui | Généralement non |
| Que faire ? | Le rassurer et l'aider à se rendormir | Rester près de lui, sécuriser son environnement et éviter de le réveiller |
Cette différence s'explique notamment par le moment du sommeil auquel ces épisodes surviennent. Les terreurs nocturnes apparaissent pendant le sommeil profond, alors que les cauchemars surviennent plutôt pendant le sommeil paradoxal.
Comment reconnaître un cauchemar chez l'enfant ?
Le cauchemar est un rêve qui provoque de la peur et réveille réellement l'enfant.
Lorsqu'il vous appelle, il est conscient de votre présence et cherche généralement à être rassuré. Selon son âge, il peut raconter ce qui lui a fait peur et parfois s'en souvenir encore le lendemain.
Les cauchemars sont particulièrement fréquents entre 3 et 6 ans, une période pendant laquelle l'imaginaire de l'enfant se développe considérablement.
Monstres, animaux inquiétants, séparation, peur de perdre ses parents… le contenu peut être très varié. Un stress ponctuel ou des images qui ont impressionné l'enfant dans la journée peuvent également favoriser les cauchemars.
Un cauchemar occasionnel n'a donc rien d'anormal.
Comment reconnaître une terreur nocturne ?
La terreur nocturne est très différente, même si elle peut sembler beaucoup plus spectaculaire.
Elle survient généralement pendant le sommeil profond, plutôt en début de nuit. L'enfant peut soudainement crier, pleurer, s'agiter, transpirer ou avoir une respiration plus rapide.
Ses yeux peuvent être ouverts et donner l'impression qu'il est réveillé. Pourtant, il dort encore partiellement.
Vous essayez de lui parler mais il semble ne pas vous entendre. Vous le prenez dans vos bras mais il reste inconsolable. Il peut même sembler ne pas vous reconnaître.
Puis l'épisode s'arrête et l'enfant se rendort.
Le lendemain, il n'en garde généralement aucun souvenir.
Les terreurs nocturnes apparaissent souvent chez les jeunes enfants. L'Assurance Maladie indique qu'elles surviennent généralement avant 4 ans et concerneraient environ 40 % des enfants de moins de 6 ans.
Aussi impressionnantes soient-elles pour les parents, elles sont généralement sans gravité.
Que faire lorsque son enfant fait un cauchemar ?
Cette fois, votre enfant est véritablement réveillé. Il a eu peur et a besoin d'être rassuré.
Allez le voir, parlez-lui calmement et rappelez-lui qu'il est en sécurité. Un câlin, quelques mots rassurants ou simplement votre présence peuvent l'aider à retrouver son calme puis son sommeil.
S'il souhaite raconter son cauchemar, vous pouvez l'écouter sans pour autant donner trop d'importance à ce qui vient de se produire.
Le lendemain, s'il en reparle, il est possible de revenir tranquillement sur son rêve et de mettre des mots sur ce qui lui a fait peur.
L'objectif n'est pas de lui prouver que son cauchemar était « ridicule » ou impossible. Pour lui, la peur ressentie était bien réelle.
Que faire pendant une terreur nocturne ?
Le réflexe naturel est souvent de vouloir réveiller son enfant pour le sortir de cet état impressionnant.
Mieux vaut justement ne pas essayer de le réveiller.
Pendant une terreur nocturne, l'enfant est encore en partie endormi et il est généralement très difficile de le réconforter. Le réveiller peut davantage le perturber.
Restez à proximité et veillez surtout à sa sécurité.
S'il s'agite beaucoup, éloignez les objets contre lesquels il pourrait se cogner ou se blesser. Puis laissez l'épisode passer.
Il retrouve généralement de lui-même un sommeil calme.
Et puisqu'il n'en garde habituellement aucun souvenir, inutile de lui raconter le lendemain avec force détails la scène qui vous a, vous, beaucoup impressionné.
Pourquoi les cauchemars et terreurs nocturnes apparaissent-ils ?
Il n'existe pas toujours une cause identifiable.
Les parasomnies, dont font partie les cauchemars et les terreurs nocturnes, sont fréquentes chez les enfants et tendent généralement à disparaître avec le temps.
Plusieurs facteurs peuvent toutefois favoriser leur apparition.
La fatigue et le manque de sommeil
Des horaires irréguliers ou un sommeil insuffisant peuvent favoriser certaines parasomnies, notamment les terreurs nocturnes.
C'est une raison supplémentaire pour regarder le sommeil de l'enfant dans son ensemble plutôt que la seule nuit où l'épisode s'est produit.
Un changement dans son quotidien
Un voyage, une entrée en collectivité ou un changement important dans les habitudes peuvent temporairement perturber le sommeil.
Les enfants ne mettent pas toujours des mots sur ce qu'ils vivent dans la journée, mais cela peut parfois se retrouver dans leurs nuits.
La fièvre ou un environnement perturbant
La fièvre ou un environnement de sommeil bruyant font également partie des facteurs susceptibles de favoriser les parasomnies.
Des images qui l'ont impressionné
Chez l'enfant, certaines images vues à la télévision, sur une tablette ou sur internet peuvent perturber l'endormissement ou provoquer des cauchemars, parfois même lorsque l'enfant n'a montré aucune peur au moment où il les a vues.
Peut-on limiter les cauchemars et les terreurs nocturnes ?
On ne peut évidemment pas garantir qu'un enfant ne fera jamais de cauchemar ou de terreur nocturne.
Quelques habitudes peuvent néanmoins favoriser un sommeil plus régulier.
Éviter l'accumulation de fatigue
Un enfant qui manque de sommeil n'a pas nécessairement plus de facilité à s'endormir ou à passer une nuit paisible.
Conserver autant que possible des horaires relativement réguliers et un temps de sommeil adapté à son âge permet de limiter la fatigue excessive.
Garder un rituel du coucher simple et rassurant
Le rituel permet de créer une transition entre l'activité de la journée et le sommeil.
Il n'a pas besoin d'être compliqué : se préparer pour la nuit, lire une histoire, faire un câlin puis retrouver son lit peuvent suffire.
L'important est surtout que l'enfant retrouve des repères familiers.
Préserver une fin de journée calme
Lorsque c'est possible, mieux vaut éviter les contenus impressionnants et les écrans à proximité du coucher.
Une ambiance plus calme aide progressivement l'enfant à passer de l'éveil au sommeil.
Pour aller plus loin sur les rythmes, les habitudes et les difficultés nocturnes à cet âge, retrouvez également notre guide du sommeil de l'enfant de 3 à 6 ans.
Cauchemars répétés ou terreurs nocturnes fréquentes : quand consulter ?
Dans la grande majorité des cas, les cauchemars occasionnels et les terreurs nocturnes sont sans gravité et diminuent avec l'âge.
Il est néanmoins utile d'en parler à un médecin lorsque les épisodes deviennent très fréquents, perturbent durablement le sommeil de l'enfant ou de la famille, ont des conséquences importantes pendant la journée ou exposent l'enfant à un risque de blessure.
Des cauchemars intenses et répétés associés à d'autres changements de comportement peuvent également justifier d'en parler à un professionnel de santé.
Enfin, un sommeil très agité accompagné notamment de ronflements persistants, pauses respiratoires, respiration bruyante ou fatigue importante dans la journée mérite un avis médical, car d'autres troubles du sommeil peuvent être en cause.
Impressionnante pour les parents, la terreur nocturne l'est beaucoup moins pour l'enfant
C'est sans doute la différence essentielle à retenir.
Après un cauchemar, l'enfant est réveillé, a eu peur et a besoin d'être rassuré.
Pendant une terreur nocturne, il dort encore. Même s'il crie, s'agite ou semble terrifié, il n'est pas réellement conscient de ce qui se passe et n'en gardera généralement aucun souvenir.
Dans un cas, on rassure. Dans l'autre, on reste présent, on sécurise et on attend que l'épisode passe.
Deux situations différentes, donc, mais qui font toutes deux partie des troubles du sommeil fréquents chez les jeunes enfants et qui, le plus souvent, s'atténuent avec l'âge.