Régression du sommeil de bébé : pourquoi dort-il soudain moins bien ?
Qu'est-ce qu'une régression du sommeil chez bébé ?
La « régression du sommeil » est une expression couramment utilisée pour décrire une période pendant laquelle le sommeil d'un bébé semble se dégrader après une phase plus stable.
Elle peut se manifester par davantage de réveils nocturnes, des difficultés à s'endormir, des siestes plus courtes ou encore un besoin plus important d'être accompagné au moment du coucher.
Mais le terme de « régression » mérite d'être nuancé. Il ne correspond pas à une étape médicale précisément définie qui surviendrait systématiquement à certains âges.
Le sommeil du nourrisson est au contraire en constante évolution. À la naissance, bébé ne distingue pas encore le jour de la nuit. Ses cycles sont courts et leur organisation se transforme progressivement. Entre 6 et 24 mois, la structure du sommeil continue encore d'évoluer pour se rapprocher de celle de l'enfant.
Une période plus difficile ne signifie donc pas nécessairement que bébé a perdu une capacité acquise. Elle peut simplement accompagner une nouvelle étape de son développement.
Quels sont les signes d'une régression du sommeil ?
C'est généralement un changement par rapport aux habitudes de bébé qui alerte les parents.
- des réveils nocturnes plus fréquents ;
- un endormissement plus difficile ;
- des siestes plus courtes ou irrégulières ;
- une résistance inhabituelle au moment de la sieste ou du coucher ;
- un besoin accru de présence ou de réassurance ;
- des réveils plus matinaux.
Une mauvaise nuit ou quelques siestes compliquées ne suffisent cependant pas à parler de régression du sommeil. Le sommeil varie naturellement d'un jour à l'autre.
Il est plus intéressant d'observer ce qui se passe sur plusieurs jours et de rechercher ce qui a pu changer dans le rythme ou le quotidien de bébé.
Pourquoi bébé peut-il soudain moins bien dormir ?
Il n'existe pas une seule explication. Plusieurs évolutions peuvent se produire simultanément pendant les premières années.
Son sommeil est en pleine maturation
Le sommeil du nouveau-né est très différent de celui d'un enfant plus grand.
Au cours des premiers mois, ses cycles se transforment et son sommeil nocturne s'organise progressivement. Les éveils entre deux cycles font partie du fonctionnement normal du sommeil.
Un bébé peut ainsi se réveiller brièvement plusieurs fois dans la nuit sans que ses parents s'en rendent compte lorsqu'il se rendort seul. À certaines périodes, ces réveils peuvent devenir plus visibles.
Son développement s'accélère
Se retourner, s'asseoir, se déplacer, se mettre debout, communiquer davantage… Les premières années sont jalonnées de nouvelles acquisitions alors même que le sommeil continue de se structurer.
Il est toutefois difficile d'attribuer systématiquement une période de nuits difficiles à une acquisition précise. Les causes d'un sommeil perturbé sont souvent multiples.
Son besoin de présence évolue
Au fil des mois, la relation de bébé avec son environnement et ses parents évolue également.
Certaines périodes peuvent s'accompagner d'un besoin plus important d'être rassuré au coucher ou lors d'un réveil nocturne.
Ces réveils sont d'ailleurs très fréquents chez les jeunes enfants. Ils peuvent survenir lors des changements de cycle et certains bébés ont alors davantage de difficulté à retrouver leur sommeil.
Son rythme de siestes est en train de changer
Le sommeil de journée connaît lui aussi plusieurs transformations.
Vers 6 mois, bébé fait généralement plusieurs siestes. Puis celle de fin d'après-midi disparaît progressivement, avant celle du matin. Ces changements ne se produisent évidemment pas du jour au lendemain.
Pendant une transition, une sieste peut devenir difficile certains jours et rester nécessaire à d'autres. Le coucher du soir peut également être temporairement modifié.
Pour mieux comprendre ces étapes, consultez également notre guide Sieste de bébé : comment son rythme évolue-t-il avec l'âge ?
Son quotidien a changé
Avant de chercher une « régression », il est aussi utile de regarder ce qui se passe autour de bébé.
Une entrée en crèche, un voyage, des vacances, un changement d'horaires ou simplement des journées plus stimulantes peuvent temporairement modifier ses habitudes.
L'environnement de sommeil compte également : température de la chambre, lumière, bruit ou changement de lieu peuvent intervenir dans la qualité du sommeil.
Régression du sommeil à 4 mois, 8-10 mois, 12 mois ou 18 mois : pourquoi ces âges reviennent-ils souvent ?
Une recherche sur la régression du sommeil fait rapidement apparaître une sorte de calendrier : 4 mois, 8 ou 9 mois, 12 mois, puis 18 mois.
Ces âges correspondent effectivement à des périodes pendant lesquelles le sommeil et le développement de bébé connaissent d'importantes évolutions.
Autour de 4 mois, par exemple, l'organisation du sommeil du nourrisson est en pleine transformation. Les cycles évoluent et le sommeil nocturne s'organise progressivement.
Plus tard, d'autres changements peuvent se superposer : évolution des siestes, développement moteur, nouvelles interactions avec l'entourage ou besoin différent d'être rassuré.
Mais tous les bébés ne traversent pas une période de sommeil difficile exactement au même âge.
Il est donc préférable de considérer 4 mois, 8-10 mois, 12 mois ou 18 mois comme des repères fréquemment évoqués plutôt que comme des rendez-vous obligatoires.
Bébé n'a pas lu le calendrier.
Combien de temps dure une régression du sommeil ?
Il n'existe pas de durée valable pour tous les bébés.
On trouve fréquemment des durées très précises annoncées pour les « régressions du sommeil ». Mais puisque cette notion ne désigne pas un phénomène médical unique et clairement délimité, il est difficile de lui attribuer une durée universelle.
Certaines perturbations seront très passagères. D'autres dureront davantage, notamment si plusieurs changements se produisent en même temps.
Plutôt que de compter les jours, mieux vaut observer l'évolution générale du sommeil de bébé et son état pendant la journée.
Que faire lorsque bébé recommence à mal dormir ?
Lorsque le sommeil se dérègle, le premier réflexe peut être de vouloir tout changer. Ce n'est pas toujours nécessaire.
Conserver des repères familiers
Un rituel simple et relativement régulier aide bébé à reconnaître le moment du coucher : une ambiance plus calme, des gestes répétés dans le même ordre, une lumière réduite…
Ces repères sont particulièrement utiles lorsqu'une autre partie de son quotidien évolue.
Observer avant de modifier son rythme
Une sieste refusée une fois ne signifie pas nécessairement qu'elle doit être supprimée. De la même façon, quelques couchers difficiles ne justifient pas forcément de changer immédiatement l'heure du coucher.
Observer le rythme pendant plusieurs jours permet souvent de mieux comprendre ce qui est en train de se passer.
Regarder son sommeil sur l'ensemble des 24 heures
Le sommeil de nuit et les siestes sont liés.
Si les nuits ou les siestes changent, il peut être utile de revenir aux besoins globaux de bébé. Ils évoluent fortement au cours des premières années : retrouvez nos repères dans Combien d'heures dort un bébé ? Le temps de sommeil par âge.
Garder des habitudes régulières
Des horaires relativement réguliers, un environnement calme et des habitudes familières autour du coucher peuvent aider bébé à conserver ses repères lorsque son sommeil traverse une période plus chaotique.
Et si ce n'était pas une régression du sommeil ?
C'est un point important.
Parce que l'expression est devenue très courante, il peut être tentant d'attribuer automatiquement tout changement de sommeil à une « régression ».
Or, un bébé peut se réveiller ou mal dormir pour de nombreuses autres raisons : maladie, fièvre, douleur, inconfort, changement important de ses habitudes ou environnement de sommeil inadapté.
Il faut donc observer bébé dans son ensemble : son comportement a-t-il changé pendant la journée ? Semble-t-il douloureux ou inhabituellement fatigué ? Mange-t-il normalement ? Présente-t-il d'autres symptômes ?
Lorsque les difficultés de sommeil s'installent dans la durée, deviennent importantes ou ont des conséquences sur l'état de l'enfant pendant la journée, il est préférable d'en parler avec un médecin ou un pédiatre.
Une régression signifie-t-elle que bébé a perdu ses bonnes habitudes ?
Pas nécessairement.
Le développement du sommeil n'est pas parfaitement linéaire. Un bébé peut connaître plusieurs semaines relativement stables puis traverser une période beaucoup plus désordonnée.
Cela ne signifie pas que tout ce qui avait été mis en place auparavant est perdu.
Ses cycles évoluent, son rythme de journée se transforme et son environnement prend progressivement davantage de sens pour lui. Ce qui ressemble à un retour en arrière peut donc aussi accompagner une évolution.
C'est peut-être finalement le principal défaut du mot « régression ».
Les âges donnent des repères, pas un calendrier
Les fameuses régressions des 4 mois, 8-10 mois, 12 mois ou 18 mois peuvent donner l'impression que le sommeil de bébé devrait suivre une succession d'étapes parfaitement prévisibles.
Dans la réalité, son évolution est beaucoup plus progressive et individuelle.
Lorsqu'un sommeil jusque-là relativement stable se complique, l'âge de bébé peut apporter un élément de compréhension. Mais il est tout aussi important d'observer ce qui change dans ses journées, ses siestes et son environnement.
Les âges donnent des repères. C'est l'évolution de bébé sur plusieurs jours qui permet surtout de comprendre son nouveau rythme.
Pour aller plus loin sur le sommeil de bébé
Retrouvez notre guide du sommeil de bébé pour retrouver tous nos conseils et repères sur le sommeil, les siestes et l'environnement de nuit.